4/ Koh Rong Samloem, île préservée

26 mars 2015

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On a découvert un paradis au Cambodge. A force de fouiller sur la toile, j’avais fini par repérer une île encore préservée des touristes au joli nom de Koh Rong Samloem. On a débarqué à Sihanoukville pour prendre notre speed boat, et on a eu la délicieuse sensation de partir en vacances pendant nos vacances. Koh Rong Samloem m’a vraiment fait penser à Koh Rok, l’île merveilleuse qui nous avait coupé le souffle au large de Koh Lanta l’année dernière.

J’y ai découvert quelque-chose que j’avais complètement oublié : le lâcher prise. Sur cette île, il n’y a ni wifi, ni eau chaude, l’électricité ne fonctionne que de 18h à 22h, et de toutes manières comme on se réveille avec le soleil à 7h, c’est déjà bien hard de tenir le soir après 23h.

J’avais bien un bouquin à commencer, mais à chaque fois que je l’ouvrais, je regrettais de ne plus pouvoir regarder la mer scintiller, du coup j’ai fini par définitivement le ranger. On avait une cabane merveilleuse au bord de l’eau, toute en bois, avec une petite terrasse accessible de l’intérieur par une échelle, une salle de bain à ciel ouvert, une jolie moustiquaire. Mince c’était vraiment le paradis… Le resort venait d’ouvrir, il s’appelle le Green Blue et est situé à quelques centaines de mètres à gauche de l’embarcadère.

Une nuit, un orage a éclaté, et j’étais pétrifiée au fond de mon lit à la vue des éclairs qui transperçaient la pièce. Alors je suis montée sur notre terrasse sous les feuilles de palmier tressées pour observer l’orage éclairer la baie. J’ai entendu un grondement inquiétant au loin, et j’ai compris que c’était la pluie qui se rapprochait doucement à travers la forêt. Et alors j’ai réalisé que ce n’était pas la nature qui me faisait peur, mais plutôt la perception que j’en ai lorsque je suis sous abri calfeutrée entre 4 murs.

Le premier jour on a fait une marche pour traverser l’île assister au coucher de soleil, et c’était déjà bien assez. Le lendemain le brun voulait aller jusqu’au phare, et je me suis dit que c’était quand-même un peu trop. On a barboté dans l’eau toute l’après-midi, puis le soir on s’est affalés dans les canapés du restaurant pour observer les étoiles apparaître au coucher du jour. C’est sûrement niais mais je n’avais jamais passé autant de temps à les observer. En revenant de dîner elles avaient légèrement bougé et j’étais sidérée de constater que c’était le mouvement de la terre qui en une heure avait fait décaler ces étoiles. J’étais complètement stone, et pourtant, je n’avais absolument rien fumé !

On est finalement retourné sur Sihanoukville après un voyage qui a failli me faire rendre mon 4 heures. Cette ville balnéaire manque cruellement de charme, mais l’avantage est qu’elle est fréquentée par des cambodgiens, parfois perdus au milieu des touristes, mais malgré tout bien présents pour donner un aperçu de ce que peuvent être des vacances à la cambodgienne.

Je suis rentrée il y a bientôt 2 semaines, et j’ai une boule au ventre de finir ce compte-rendu.. Tant qu’il n’était pas fait j’avais le sentiment d’y être encore d’une certaine manière … Heureusement j’ai entendu parler des beaux jours. Patience…

 

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3/ Kampot et Kep au bord de l’eau

24 mars 2015

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Holalala beaucoup trop de photos mais le tri a été vraiment terrible.

De Siem Reap nous sommes descendus directement à Kampot. On ne s’est jamais arrêté à Phnom Penh, la capitale, parce-que d’une certaine manière on ne le sentait pas.

Il faut tout de même que je raconte quelque-chose qui a beaucoup influencé ma perception de notre voyage. En achetant mon guide sur le Cambodge, j’ai découvert le passé sanglant de ce pays, finalement je n’en avais que très peu entendu parler. Et j’ai été captivée par cette histoire, pas si vieille que ça, et j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver sur les Khmers Rouges, la prise de Phnom Penh et 1975, la chasse de ses habitants vers les champs, les camps de torture, l’extermination de masse. Ça a donné une ambiance très particulière à notre voyage, j’ai perçu des choses qui m’auraient semblées anodines sans cela. Un ami du brun nous a prêté le livre de l’anthropologue français François Bizot, Le Portail, qui relate sa détention par Douch puis quelques années plus tard, son expérience poignante de la prise de Phnom Penh. J’ai dévoré son récit sur la route jusqu’à la capitale, et une fois arrivés, on a décidé de continuer notre chemin. J’ai vraiment eu peur que cette ville au lourd passé me plombe le moral, et je n’avais vraiment pas envie de ça pour mes vacances. Néanmoins, c’est la première fois que je m’immergeais autant dans l’histoire d’un pays durant sa visite, et après les temples d’Angkor, ceux sont les images des rues vides de Phnom Penh qui ont hanté mon esprit. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille de visionner la vidéo de L’INA à la fin de cet article.

On a passé 3 jours à Kampot au bord de la rivière, dans une petite yourte suspendue au dessus de l’eau. Un vrai délice. Nous étions dans une adorable guesthouse du nom de Ganesha Eco Resort, on y a mangé nos meilleurs repas des vacances et de loin. On a loué un kayak en bois pour découvrir la nature et bénéficié d’une petite croisière privée au coucher du soleil. On avait une famille de Geckos au dessus de notre moustiquaire, ils nous berçaient la nuit avec leurs chants (même si j’étais pétrifiée la première fois). On était assez loin de Kampot, mais on a eu l’occasion de visiter le marché qui était une expérience incroyable pour les sens. On a déambulé dans les ruelles tranquilles, bu des jus de mangue, une véritable décompression après nos 3 jours à Angkor.

Ensuite, direction Kep pour manger du crabe au poivre de Kampot. On n’a vraiment pas eu le coup de cœur pour cette ville balnéaire, on était sensé se gaver de crabes, et au lieu de ça, les restaurants recommandés sont devenus des pièges à touristes ! Par contre le marché au crabe faut VRAIMENT le détour, j’ai vraiment développé une passion pour les marchés asiatiques :) J’avais entendu parler des maisons coloniales françaises datant du protectorat éventrées par les Khmers rouges. Encore hantée par mon bouquin, on a demandé à un conducteur de TukTuk de nous y emmener. Ces maisons sont squattées et il n’avait lui-même jamais osé y mettre les pieds. Au final sa curiosité était presque plus forte que la notre et il partait en éclaireur à travers les pièces dévastées. Avec du recul je ne regrette absolument pas ce passage par Kep, et je suis ravie d’avoir pu entrevoir ces cendres sur lesquelles le pays est encore entrain de se rebâtir. On a été se consoler le soir en buvant un cocktail à la Veranda, sûrement le plus beau resort que nous ayons croisé des vacances.

Le lendemain nous partions pour Koh Rong Samloem, le cœur plein d’espoirs d’eaux turquoises et de sable sucre glace. Et nous n’avons pas été déçus :)

 

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2/ Temples merveilleux d’Angkor

19 mars 2015

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On avait prévu 3 jours pour visiter les temples d’Angkor. Mais on avait aussi prévu de les visiter à vélo…:) Je ne regrette absolument rien, je garde un souvenir ému des temples découverts au dernier moment au détour d’un virage. Quelle claque !

Par contre c’était vraiment vraiment épuisant. L’entrée des temples est à 7km de la ville de Siem Reap, et ensuite, il faut encore pédaler et pédaler à travers la végétation pour accéder aux nombreux temples d’Angkor. Accessoirement, la température pointait dès 9h du matin à 40° ! Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle, c’est sûrement l’expérience de voyage la plus sublime qu’il m’ait été donné de vivre jusqu’à aujourd’hui.

Ca a été terrible de trier les photos, mais je pense que cette sélection reflète assez bien l’atmosphère complètement mystique qui se dégage de ces lieux.

J’ai adoré :

– Les temples les plus reculés à l’est d’Angkor Vat. Ces temples sont boudés des touristes mais leur ambiance nous a vraiment pris aux tripes. Leur visite donne la sensation de faire partie de l’expédition d’explorateurs envoyés en reconnaissance après la redécouverte du site en 1859.
– L’entrée nord de l’enceinte d’Angkor Tom, la cité royale construite par Jayavarman VII aux alentours de l’an 1200. C’est vraiment une expérience incroyable d’emprunter à vélo le chemin menant vers cette porte mystérieuse. Du chant des oiseaux aux mouvements lents des feuilles dans les arbres, chaque élément semble être habité de quelque-chose de sacré. C’est donc dans un silence respectueux que nous sommes rentré dans Angkor Tom, le cœur battant des découvertes que nous allions y faire (je suis d’humeur lyrique:)).
– Le Bayon, temple aux 200 visages, également construit sous Jayavarman VII.
- Les vues époustouflantes aux sommets des temples pyramides après en avoir gravi à 4 pattes les marches abruptes et hasardeuses sous un soleil de plomb (on a souffert).
– Le temple envahi par la jungle de Beng Mealea, situé à l’extérieur d’Angkor, mais facilement accessible en taxi ou en tuktuk. Ce temple est une pure merveille. Il a les dimensions d’Angkor Vat, mais il n’a pas encore bénéficié d’autant de restauration. Vous allez vite être vraiment saoulés par les flots de touristes bruyants et irrespectueux arpentant les temples, et principalement celui d’Angkor Vat, le plus fameux. Je vous conseille vivement cette petite escapade en dehors des sentiers battus. Les arbres fromagers enlacent les pierres, les structures effondrées donnent une ambiance très poétique et mélancolique à l’édifice. C’est le temple dans lequel on a le mieux réussi à se projeter 800 ans en arrière pour imaginer à quoi pouvait ressembler cette civilisation disparue.

J’ai beaucoup moins aimé :

– Les touristes, dont certains devraient clairement ouvrir un manuel de savoir-vivre. J’ai lu quelque-part qu’il était question de régulariser la visite des temples d’Angkor, comme pour l’Alhambra en Espagne. J’ai vraiment la conviction que des endroits pareils n’ont pas été bâtis pour supporter les allers-venues des cars de touristes bruyants et salissants à travers leurs pierres.

Mais en dehors de ces désagrément, l’ambiance d’Angkor m’a longtemps hantée après avoir quitté les lieux. Je ne suis pas bouddhiste, ni attachée à quelque religion que ce soit, mais je ne peux m’empêcher de reconnaître que certains lieux semblent sacrés et inspirent naturellement recueillement et humilité.

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