On a découvert un paradis au Cambodge. A force de fouiller sur la toile, j’avais fini par repérer une île encore préservée des touristes au joli nom de Koh Rong Samloem. On a débarqué à Sihanoukville pour prendre notre speed boat, et on a eu la délicieuse sensation de partir en vacances pendant nos vacances. Koh Rong Samloem m’a vraiment fait penser à Koh Rok, l’île merveilleuse qui nous avait coupé le souffle au large de Koh Lanta l’année dernière. J’y ai découvert quelque-chose que j’avais complètement oublié : le lâcher prise. Sur cette île, il n’y a ni wifi, ni eau chaude, l’électricité ne fonctionne que de 18h à 22h, et de toutes manières comme on se réveille avec le soleil à 7h, c’est déjà bien hard de tenir le soir après 23h. J’avais bien un bouquin à commencer, mais à chaque fois que je l’ouvrais, je regrettais de ne plus pouvoir regarder la mer scintiller, du coup j’ai fini par définitivement le ranger. On avait une cabane merveilleuse au bord de l’eau, toute en bois, avec une petite terrasse accessible de l’intérieur par une échelle, une salle de bain à ciel ouvert, une jolie moustiquaire. Mince c’était vraiment le paradis… Le resort venait d’ouvrir, il s’appelle le Green Blue et est situé à quelques centaines de mètres à gauche de l’embarcadère. Une nuit, un orage a éclaté, et j’étais pétrifiée au fond de mon lit à la vue des éclairs qui transperçaient la pièce. Alors je suis montée sur notre terrasse sous les feuilles de palmier tressées pour observer l’orage éclairer la baie. J’ai entendu un grondement inquiétant au loin, et j’ai compris que c’était la pluie qui se rapprochait doucement à travers la forêt. Et alors j’ai réalisé que ce n’était pas la nature qui me faisait peur, mais plutôt la perception que j’en ai lorsque je suis sous abri calfeutrée entre 4 murs. Le premier jour on a fait une marche pour traverser l’île assister au coucher de soleil, et c’était déjà bien assez. Le lendemain le brun voulait aller jusqu’au phare, et je me suis dit que c’était quand-même un peu trop. On a barboté dans l’eau toute l’après-midi, puis le soir on s’est affalés dans les canapés du restaurant pour observer les étoiles apparaître au coucher du jour. C’est sûrement niais mais je n’avais jamais passé autant de temps à les observer. En revenant de dîner elles avaient légèrement bougé et j’étais sidérée de constater que c’était le mouvement de la terre qui en une heure avait fait décaler ces étoiles. J’étais complètement stone, et pourtant, je n’avais absolument rien fumé ! On est finalement retourné sur Sihanoukville après un voyage qui a failli me faire rendre mon 4 heures. Cette ville balnéaire manque cruellement de charme, mais l’avantage est qu’elle est fréquentée par des cambodgiens, parfois perdus au milieu des touristes, mais malgré tout bien présents pour donner un aperçu de ce que peuvent être des vacances à la cambodgienne. Je suis rentrée il y a bientôt 2 semaines, et j’ai une boule au ventre de finir ce compte-rendu.. Tant qu’il n’était pas fait j’avais le sentiment d’y être encore d’une certaine manière … Heureusement j’ai entendu parler des beaux jours. Patience…